Avec « Apili », un orthophoniste veut apprendre aux enfants à lire en les faisant rire

Avec « Apili », un orthophoniste veut apprendre aux enfants à lire en les faisant rire

Orthophoniste depuis 18 ans, Benjamin Stevens a mis au point une méthode pour faciliter l’apprentissage de la lecture. D’abord à destination des enfants dyslexiques et dysgraphiques, cette méthode s’applique à tous les enfants.

Et si la recette miracle pour apprendre à lire aux enfants dyslexiques avait été trouvée par un Soissonnais ? C’est ce qu’espère Benjamin Stevens avec son livre « Apili ».

Benjamin Stevens est ortophoniste depuis 18 ans. Pendant toutes ces années, il a croisé le chemin d’enfants qui avaient des difficultés à lire. 

5500 exemplaires vendus

« J’ai développé une méthode pour les aider à apprendre à lire, raconte-t-il au téléphone. J’ai donc voulu en faire un livre pour que cette méthode serve au plus grand nombre. » Sorti en mars, « juste avant le confinement », fait-il remarquer, « Apili », s’est écoulé à ce jour, à plus de 5500 exemplaires. « Je ne m’attendais pas à ce que ça marche autant », se réjouit Benjamin Stevens. 

La pédagogie de cet orthophoniste de 41 ans repose tout d’abord sur l’humour. « L’humour a des effets extraordinaires sur les enfants. Il permet de capter l’attention, entraîne la mémorisation, la communication, la motivation, diminue le stresse et les tensions du corps », énumère-t-il. 

Méthode syllabique

En axant l’apprentissage sur la méthode syllabique, Benjamin Stevens, facilite la lecture pour les enfants en difficultés, dyslexiques, dysphasiques ou porteurs de handicap. « Aujourd’hui à l’école, on enseigne la lecture en faisant apprendre aux enfants des phrases par cœur », soupire-t-il. Il rappelle : « dans le département de l’Aisne, dans lequel je vis, le niveau de lecture est extrêmement faible. Beaucoup d’enfants arrivent en 6e sans savoir lire », se désole-t-il. « Quand j’étais jeune orthophoniste, je me suis demandé comment aider ces enfants à apprendre à lire. Aujourd’hui j’ai envie que cette méthode bénéficie au plus grand nombre. »

Avec « Apili », apprendre à lire devient un plaisir plus qu’une corvée. Et pour les parents aussi ! « Dans le livre, il y a beaucoup de conseils pour aider les parents à faire apprendre à lire à leurs enfants », explique-t-il.

« Apili », c’est le résultat de six années de travail. « Je me suis appuyé sur les études de Stanislas Dehaene [un psychologue cognitiviste et neuroscientifique français, NDLR], qui a réalisé beaucoup d’études sur la lecture ». Sa femme, elle aussi orthophoniste à Soissons, a pu tester sa méthode. Il a ainsi pu l’améliorer, corriger des erreurs, l’adapter à chaque cas. 

« Donner envie aux enfants d’aimer la lecture »

Ce Liégeois d’origine, arrivé à Soissons en 2002, a mis un point d’honneur à réaliser un beau livre. « Il fallait donner envie aux enfants d’aimer la lecture. C’est pourquoi j’avais la volonté de faire un livre qualitatif tant sur le fond que sur la forme ». Imprimé sur un papier légèrement bleuté « pour réduire la fatigue oculaire », il joue beaucoup sur les couleurs, qui « facilitent la compréhension des enfants dyslexiques », et utilise une typographie très lisible. L’objectif est de tout faire pour faciliter la lecture. 

Une vingtaine de pays intéressés

Face à la réussite de cette méthode, des pays francophones ou francophiles comme le Québec, la Belgique ou encore la Louisiane, aux États-Unis vont utiliser « Apili » dans le cadre de leurs enseignements du français. Au total une vingtaine de pays a contacté Benjamin Stevens. 

Même le ministère de l’Éducation nationale français a indiqué se pencher sur le travail de l’orthophoniste. Une application est également en cours de développement. Même si le livre restera l’outil principal. Car pour Benjamin Stevens, « il faut que les enfants s’habituent à lire des livres. »

 

Les troubles de l’oralité, à ne pas sous-estimer !

Les troubles de l’oralité, à ne pas sous-estimer !

L’oralité se définit comme l’« ensemble des fonctions dévolues à la bouche », c’est-à-dire l’alimentation, la ventilation, le cri, l’exploration tactile et gustative, la communication et le langage.

Le développement de l’oralité alimentaire est indissociable du développement de l’oralité verbale : que ce soit dans l’alimentation ou dans le langage, les mêmes organes sont impliqués.

Les troubles de l’alimentation constituent un motif fréquent de consultation : entre 20 et 25 % des consultations entre 0 et 3 ans selon les études.

Il peut s’agir de troubles par absence de comportement spontané d’alimentation, notamment en lien avec un problème de santé, ou par refus d’alimentation avec pour résultante que manger n’est pas ou plus un plaisir.

Deux types de cas de figure :

  • des difficultés alimentaires souvent de façon très précoce : dès les premières mises au sein ou les premiers biberons ;
  • les étapes alimentaires sont difficiles à passer : passage à la cuillère et passage aux morceaux.

Ce trouble s’accompagne de troubles sensoriels (toucher, odorat, goût, ouïe, système proprioceptif et vestibulaire) et/ou de troubles des fonctions oro-motrices (succion, praxies, malaxage, mastication…).

On note régulièrement des répercussions sur le développement psychomoteur, langagier, psycho-affectif…

 

Mémoire et apprentissage … ou le formidable pouvoir de nos sens

Mémoire et apprentissage … ou le formidable pouvoir de nos sens

Près de 2500 ans après la citation de Confucius, les études confirment que nous apprenons grâce à nos sens : nous apprenons ce que nous percevons. Le modèle d’Edgar Dale met en évidence que, selon les sens sollicités, nous retenons plus ou moins bien les informations que nous percevons.

Ce qui est intéressant, c’est que tous les professionnels de la formation soutiennent ce modèle. Pourtant, la plupart des formations se présentent de la manière suivante : 1 formateur qui présente oralement un support. Si l’on se fie au modèle d’Edgar Dale, nous ne retenons donc, au maximum, que 50% de ce que nous percevons en formation. Pour des apprentissages efficaces, il convient de solliciter tous les sens et de multiplier les canaux. Non seulement vous obtiendrez une meilleure mémorisation, mais surtout, vous allez apporter une réponse aux différents profils d’apprentissage. Un premier pas vers l’adaptive learning…

e-orthophonie*

e-orthophonie*

Mémorisation
A
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Que retenir de la sélection Parcoursup pour intégrer un centre de formation en orthophonie ?

Que retenir de la sélection Parcoursup pour intégrer un centre de formation en orthophonie ?

Tous ceux qui souhaitent intégrer une formation en orthophonie en 2022 se posent la question.

Que vous soyez de futurs bacheliers, étudiants, en reconversion, vous cherchez à comprendre la réalité de la sélection via Parcoursup.

Maintenant que la sélection est terminée, il faut comprendre comment se passera la sélection en 2022.

L’analyse des résultats de nos candidats en 2021 permet de savoir à quoi s’en tenir.

Tout d’abord, comme annoncé, les CFUO recherchent tout type de profil que vous soyez en reconversion, que votre bac date d’il y a quelques 10 ans ou plus, que vous soyez en Terminale ou alors étudiants, votre candidature intéresse les CFUO même si certains regroupements semblent plus attirer par certains bacs ou profils que d’autres.

Aussi, vos résultats et vos connaissances en sciences, en sciences humaines et sociales, en français, acquises au lycée, au cours de vos études, de votre parcours, seront fondamentales car elles révéleront votre appétence pour des études largement scientifiques et communicationnelles.

Et surtout, 2021 a sonné le grand retour des épreuves orales. N’oubliez pas que ces oraux sont des moments privilégiés pour les CFUO. Cette phase d’admission permet aux membres du jury d’échanger avec les candidats, analyser et décortiquer leur compréhension du métier, leurs capacités en termes de communication, leurs connaissances, leur intérêt pour les problématiques des patients…

Aucun bon résultat en sciences ou en français ne permettra de pallier un manque dans ces domaines.

Un bon candidat est un candidat qui a été à la rencontre des professionnels, s’est rapproché de patients, s’est investi dans l’accompagnement. Chaque candidat devra présenter sur Parcoursup et devant les jurés un projet de formation motivé unique et qui saura prouver un parcours pertinent.

Vouloir intégrer un centre de formation en orthophonie, c’est déjà s’intéresser et se préparer au métier, tant dans les connaissances que dans les savoir-être !

Aphasie (de Broca, de Wernicke) : définition, symptômes, traitements

Aphasie (de Broca, de Wernicke) : définition, symptômes, traitements

L’aphasie constitue un trouble du langage, allant d’une difficulté à trouver ses mots à une impossibilité de s’exprimer. Fréquent chez les personnes victimes d’un AVC, ce trouble est causé par des dommages dans le cerveau. Le point avec le Dr Bertrand Glize, médecin de rééducation spécialiste de cette pathologie.

Qu’est-ce que l’aphasie ?

« L’aphasie est un trouble du langage oral et/ou écrit qui résulte d’une lésion cérébrale des zones impliquées dans le langage », explique le Dr Bertrand Glize, médecin de rééducation au CHU de Bordeaux, et expert de cette pathologie. Cette maladie se traduit par une perte de la capacité à communiquer partielle ou totale pouvant entraîner d’autres troubles associés (écriture, lecture). Souvent invalidante, l’aphasie affecte la vie familiale, sociale et professionnelle des personnes touchées.

Quelle est la fréquence de cette pathologie ?

Actuellement, la Fédération Nationale des Aphasiques de France (FNAF) estime que 300 000 personnes seraient aphasiques en France. Les troubles qui y sont associés peuvent se manifester à des degrés divers chez les personnes touchées.   

Quels sont les symptômes de l’aphasie ?

Dans son quotidien, une personne aphasique souffre de difficultés à s’exprimercomprendrelire ou écrire. Il en existe plusieurs formes qui peuvent se manifester par :

  • Troubles de la production du langage : il s’agit de difficultés à produire les mots correctement, associée à une diminution de la fluence verbale, c’est-à-dire au « débit » des mots exprimés. On parle d’aphasie non-fluente. Ces atteintes vont du « manque du mot » qui caractérise les anomies à des troubles plus sévères. L’aphasie motrice ou l’aphasie de Broca, en référence historique à Paul Broca qui l’a décrite, est un trouble caractéristique de la production du langage n’affectant que peu la compréhension.
  • Troubles de la compréhension, associés ou non aux troubles du langage : L’aphasie de Wernicke, en référence à Karl Wernicke qui l’a décrite, est caractérisée par des troubles importants de la compréhension. Si la fluence est préservée, les productions correspondent à un jargon, le patient n’ayant pas la possibilité de critiquer et comprendre ce qu’il dit.

 

Zones du cerveau dont la perturbation provoque l’aphasie de Broca ou de Wernicke

 

Ces symptômes sont présents au niveau du langage oral et/ou écrit, pas de façon proportionnelle.

Outre l’aphasie de Broca et l’aphasie de Wernicke qui sont les plus connues, ces différences de proportionnalité ont amené les spécialistes à décrire d’autres formes d’aphasies. De manière non exhaustive, on peut citer : 

  • l’aphasie de conduction : discours fluent, entrecoupé d’hésitations et de paraphasies. La compréhension est généralement bonne.
  • l’aphasie globale : L’expression du patient est quasi nulle. Les troubles de la compréhension sont également importants. 

Enfin, un autre type d’aphasie à évolution progressive correspond à une atteinte neurodégénérative : l’aphasie primaire progressive.

Quelles sont ses causes ?

« Aphasie » vient du grec « phasis » (parole) et signifie « absence de parole ». Ce trouble est le symptôme d’une lésion cérébrale pouvant provenir de multiples causes. Il peut s’agir notamment :

  • D’un accident vasculaire cérébral (AVC) ; qui en la cause la principale. « On estime que 20 à 30 % des personnes victimes d’un AVC développent une aphasie par la suite », indique le Dr Bertrand Glize. 
  • D’un traumatisme crânien.
  • D’une infection cérébrale (encéphalite).
  • D’une tumeur cérébrale.
  • De certaines maladies neurodégénératives, comme l’aphasie primaire progressive qui peut parfois être le symptôme d’un début atypique de la maladie d’Alzheimer.

Comment évolue ce trouble du langage ?

Ce symptôme, dans les suites d’un AVC, évolue en trois phases :

  • La phase aigüe : Récente, la lésion provoque de nombreuses modifications dans le cerveau. Le patient nécessite des soins intensifs pour prendre en charge son AVC. Le malade qui présente une aphasie est généralement déstabilisé. Les symptômes initiaux sont parfois sévères, allant jusqu’au mutisme total, c’est-à-dire l’impossibilité de produire un mot.  « La rééducation commence dès cette phase », indique le médecin.
  • La phase subaigüe : Le cerveau du patient se réorganise. De nombreuses zones affectées, mais non lésées se remettent en activité. Une rééducation orthophonique intensive est préconisée, car c’est à cette période que les progrès sont les plus fulgurants. « C’est aussi une phase un peu critique, car le cerveau a subi de nombreuses modifications dont le patient prend conscience. Elles peuvent être à l’origine d’une dépression », ajoute le Dr Bertrand Glize.
  • La phase chronique : Les mécanismes de neuroplasticité ne sont plus aussi intenses que dans la phase précédente. Les progrès continuent, mais se font plus discrets. La maladie s’intègre à la vie quotidienne.

Quelles sont les personnes à risque ?

En grande majorité, ce sont les personnes âgées qui sont touchées par cette pathologie. L’âge est, en effet, un des facteurs favorisant des accidents vasculaires cérébraux, des tumeurs ou encore des maladies neurodégénératives. Pour autant, toute personne peut devenir aphasique s’il y a une lésion cérébrale. Et cela, quel que soit son âge.  

Combien de temps dure l’aphasie ?

D’un individu à un autre, la récupération ne sera pas la même. Cette dernière dépend de nombreux facteurs comme :

  • La cause, la taille et la localisation de la lésion ;
  • La présence ou non de troubles associés à l’aphasie ;
  • Le traitement et la réponse au traitement.

Est-ce une maladie contagieuse ?

L’aphasie est un symptôme, ce n’est pas une pathologie contagieuse.

Qui et quand consulter ?

Dès lors qu’une difficulté à s’exprimer verbalement apparaît, il est nécessaire de contacter de toute urgence le 15. « Un trouble du langage brutal, c’est un AVC jusqu’à preuve du contraire, indique le spécialiste. Chaque minute compte pour relancer la circulation sanguine, sauver le cerveau et améliorer le pronostic de récupération. »

Quelles sont les complications ?

L’aphasie correspond à une lésion du cerveau. Cette dernière peut être plus ou moins étendue, et, par conséquent provoquer d’autres troubles secondaires comme une altération de la mémoire courte, une atteinte de la faculté à s’organiser, ou encore des troubles moteurs. « L’aphasie est provoquée par la lésion d’une zone cérébrale proche de celle de la motricité. C’est très courant de voir une aphasie associée à une hémiplégie », explique le docteur.

Quels sont les examens et analyses nécessaires ?

Le diagnostic de l’aphasie se base généralement sur plusieurs étapes :

  • Un examen clinique ; afin de constater les difficultés d’élocution du patient et de déterminer si elles peuvent être en rapport avec une aphasie et non par un autre trouble (dysarthrieproblèmes d’audition, de vision).
  • Une imagerie du cerveau, principalement une IRM ; afin de déterminer l’étendue, la gravité et la cause de la lésion.

Des examens complémentaires peuvent être indiqués selon la cause suspectée.

Quels sont les traitements de l’aphasie ?

En fonction de la cause de l’aphasie, le traitement de cette cause est différent. Si elle est la conséquence d’une tumeur cérébrale par exemple, le traitement associé à cette pathologie est, bien évidemment, préconisé.

Le traitement de ce symptôme repose, quoi qu’il en soit, sur une thérapie du langage spécifique. L’orthophonie peut ici permettre au patient de perfectionner ses fonctions langagières et d’améliorer sa vie sociale. « En phase subaigüequatre à cinq séances par semaine sont nécessaires. Et certains exercices sont à pratiquer chez soi », indique le Dr Bertrand Glize. Les gestes ou le dessin sont également des moyens d’expression alternatifs qui favorisent la communication.

Est-il possible de prévenir cette maladie ?

L’aphasie demeure un symptôme. Pour la prévenir, il n’y a pas d’autres solutions que de prévenir les causes. Pour éviter la survenue d’un AVC par exemple, il est recommandé de lutter contre les facteurs de risque cardiovasculaires et :

D’adopter une alimentation saine et équilibrée ;

  • D’arrêter de fumer ;
  • De bouger quotidiennement ; 
  • De prévenir l’hypertension artérielle.
Le bilan orthophonique, bien plus qu’un simple test

Le bilan orthophonique, bien plus qu’un simple test

A l’origine du bilan, les conseils d’un enseignant, le constat de difficultés qui n’existaient pas avant, puis le médecin qui va établir la prescription qui mènera jusqu’à l’orthophoniste. Une fois rendez-vous pris, c’est l’heure du bilan, composé de tests et d’évaluations paramétrées en toute objectivité.

Mais qu’en est-il du reste ? Les orthophonistes le savent, le vécu et l’environnement socio-culturel jouent un rôle important.

L’histoire familiale et individuelle, les échecs, les succès, l’estime de soi, influencent le développement du langage, la capacité à s’exprimer, à prendre la parole, à lire, à écrire.

L’orthophoniste ne peut pas, dans son bilan, s’arrêter à l’évaluation chiffrée qui tend à masquer la cause des symptômes. Et s’il s’en passe pour réaliser le bilan de son patient, il pourrait passer à côté d’une part de son intelligence, de sa capacité d’adaptation, de son intuition.

En collectant des données, presque à son insu, l’orthophoniste est amené à faire des associations, des rapprochements, à proposer des hypothèses qui serviront de lignes directrices.