Le « Qui est-ce » de la dénonciation


La profession d’orthophoniste a obtenu le grade de master en 2013. Pourtant, les étudiants sont loin d’être satisfaits. La profession souffre d’un manque de reconnaissance salariale à l’hôpital.
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Les étudiants orthophonistes sont descendus dans la rue le 3 novembre à l’appel de la Fédération nationale d’étudiants en orthophonie (FNEO). Celle-ci demande au ministère de la Santé que des grilles de rémunérations soient faites dans la fonction publique hospitalière, «en adéquation avec les niveaux d’études, de compétence et d’exercice des orthophonistes».
Aujourd’hui il y a l’équivalent de 950 temps plein dans la fonction publique hospitalière pour 3300 étudiants en recherche de stage. En moyenne une orthophoniste touche 1514,08€ brut en début de carrière et peut aspirer à un salaire à hauteur de 2602,17 € en fin de carrière.
Même si le diplôme en 5 ans d’orthophoniste a été reconnu en 2013 au grade de master, la rémunération n’a pas suivi. «Nous sommes payés l’équivalent d’un bac +2, soit 57 euros de plus que le Smic», souligne Alice Magat, vice-présidente de la FNEO, qui poursuit : «Aujourd’hui, selon un sondage daté de 2015, 76 % des jeunes diplômés travaillent en libéral, où ils gagnent facilement le double, 11 % sont en salariat et 13 % en activité mixte».
Les diplômés au grade de master sortiront en 2018
Un manque de reconnaissance de la fonction publique qui selon la FNEO pose problème, car les hôpitaux n’embauchent plus d’orthophonistes. «Un patient qui a fait un AVC ne pourra pas suivre des séances à l’hôpital, et devra attendre souvent entre six mois et un an pour se faire soigner en libéral», explique Alice Magat. Cette étudiante de troisième année au Centre de formation de Lille, raconte qu’elle n’a pu trouver de stage à l’hôpital Mignot de Versailles. «L’absence d’orthophonistes à l’hôpital nous empêche de nous former correctement à toutes les formes de handicap», précise-t-elle.
Déjà, en octobre, des étudiants des 19 centres de formations en orthophonie se sont tous mobilisés, à tour de rôle. Un Haka a eu lieu à Lyon, et un « Qui est-ce ? » géant à Montpellier.
L’association étudiante espère trouver une solution, avant que la première promotion de diplômés au grade master ne sorte, c’est-à-dire en juin 2018.
Les étudiants se tiennent informés de la mobilisation sur une page Facebook dédiée.
Source lefigaro.fr
Ils étaient une centaine à manifester ce jeudi. Explications.
Si on voulait faire un jeu de mot facile, on dirait que les étudiants orthophonistes ont donné de la voix ce jeudi à Tours. En même temps, c’était bel et bien le cas. Rassemblés sur la Place Jean Jaurès, pancartes en main, ces jeunes qui ont cours à la fac de médecine ont voulu faire part de leurs inquiétudes quant à leur avenir. Ces étudiants en orthophonie sont « révoltés » par l’évolution de leur profession. Alors, hier, ils (elles, car il y a 99 % de femmes) ont crié leur malaise.
Actuellement, ils nous expliquent qu’en milieu hospitalier, ils ont des salaires de niveau Bac +2 alors que leur profession est de niveau bac +5 : « Nos études sont reconnues au grade de master et s’effectuent en cinq ans, mais nous ne sommes reconnus, et payés, qu’à bac + 2, le smic + 47 € », expliquent Marion Beaudou et Cloé Hamon, étudiantes en 3e année au CFUO de Tours, coprésidentes de l’Association Tourangelle des futurs orthophonistes. « On nous promet des primes quand on va en zones sous-dotées, mais c’est à l’appréciation des chefs d’établissements et de l’Agence Régionale de Santé. On favorise l’exercice mixte hôpital-libéral, mais dans ce cas, on ne peut pas être titulaire en milieu hospitalier », précisent-elles.
La conséquence de cette politique, dénoncée par les jeunes manifestants, rejoints par quelques professionnels, c’est qu’il y a un manque important d’orthophonistes à l’hôpital. En effet, il y a de moins en moins d’orthophonistes en milieu hospitalier et c’est pourtant là que les étudiants sont formés par ces professionnels, d’où les grosses inquiétudes pour le futur. Moins de formateurs signifierait moins d’étudiants. Les orthophonistes sont 23.000 en France : « Rééducation post-AVC, prise en charge de cancers, troubles alimentaires, cognitifs, autisme, alzheimer, on a tous besoin un jour ou l’autre d’un orthophoniste. De plus, les jeunes préfèrent s’installer en libéral » poursuit Marion. Une fausse solution d’après elle car « les listes d’attente sont très longues, entre 6 mois et deux ans, alors que certains patients, qui ont par exemple été victimes d’un infarctus, auraient besoin immédiatement de plusieurs séances par semaine ». Et puis les orthophonistes libéraux n’ont pas tout le matériel de l’hôpital : « Autre problème, à cause des bas salaires, le turn-over est important à l’hôpital. Du coup, les étudiants ne trouvent pas de stage car ils ne peuvent être encadrés que par des professionnels en poste depuis 3 ans. ».
Ils étaient une centaine à se mobiliser pour toutes ces raisons à Tours ce jeudi et annoncent d’ores et déjà une nouvelle manifestation dans une semaine, le 3 novembre, dans le cadre d’une action nationale, puis le 8 avec l’ensemble des professions de santé.
Source info-tours.fr et lanouvellerepublique.fr
Téléchargez gratuitement un mémo pour vous préparer à l’oral et enrichir votre culture générale sur les différentes villes accueillants les concours d’orthophonie.
Ce mémo rassemble la prononciation exacte de la ville ainsi que les notions historiques et/ou géographiques à retenir.
Ce vendredi 14 octobre 2016, Manuel Valls, Premier Ministre français, a profité de son voyage au Québec pour signer un Arrangement de Reconnaissance Mutuelle (ARM) pour la profession d’orthophoniste entre le Québec et la France.
Grâce à cet ARM une procédure claire est établie pour les professionnels souhaitant circuler entre ces deux pays. Les démarches seront donc facilitées.
Cliquez sur les boutons ci-dessous pour lire le communiqué de presse de la FNO et le texte de l’ARM.
Communiqué de presse de la FNO / Accord de reconnaissance mutuelle (ARM)