Salaires bas, reconnaissance… Les orthophonistes se mobilisent à nouveau aujourd’hui en Franche-Comté.
Des orthophonistes et des étudiants en orthophonie en Franche-Comté se mobilisent aujourd’hui, jeudi 2 février 2017, dans le cadre d’une journée d’action nationale. Si aucune manifestation physique n’est prévue, les professionnels ont bien l’intention de « faire pression » sur le gouvernement via les réseaux sociaux pour faire valoir leurs revendications. La région compte 230 orthophoniste et 125 étudiants.
Depuis plus de 3 ans, les instances de l’orthophonie demandent l’ouverture de négociations pour mettre en adéquation les salaires hospitaliers avec le niveau de responsabilités et d’autonomie des orthophonistes, dont les études sont sanctionnées par un diplôme Master (bac +5). Les syndicats FNO, CGT, Géod et FO expliquent que « les qui travaillent dans les hôpitaux ont des salaires de niveau bac+2 : SMIC + 50€ en début de carrière et des perspectives d’évolution de carrière très peu attractives. »
Les orthophonistes évitent d’exercer en milieu hospitalier
Selon eux, « du fait de cette inadéquation salariale, les postes sont morcelés en d’innombrables temps partiels, les statuts sont de plus en plus précaires et les orthophonistes choisissent de moins en moins d’exercer leur profession dans la fonction publique hospitalière avec deux conséquences directes :
l’accès des patients aux soins orthophoniques dont ils ont besoin n’est plus garanti dans tous les services hospitaliers ;
les stages hospitaliers pourtant indispensables à la formation universitaire des étudiants se raréfient. »
Les syndicats dénoncent un « refus de la part du ministère de la Santé d’entendre les orthophonistes et leurs revendications ».
« Ils doivent se positionner »
Lors de cette journée d’action nationale, l’intersyndicale questionnera les représentants et les élus de la majorité du gouvernement « car ils doivent se positionner maintenant concernant les revendications légitimes des orthophonistes ».
Dans le Doubs, les représentants de la profession ont contacté la Fédération du Parti socialiste depuis une dizaine de jours afin d’obtenir un rendez-vous. Mais ils « regrettent amèrement » que la Fédération PS du Doubs « ne se soit pas rendue disponible » pour les recevoir ce jeudi 2 février.
Les orthophonistes et les étudiants ont l’intention de faire valoir leurs revendications sur les réseaux sociaux ce jeudi via des tweets, des messages sur Facebook… sur les comptes du Premier ministre, du président de la République et de la ministre de la Santé.
La chirurgie éveillée est une approche innovante pour limiter les séquelles neurologiques et pouvoir opérer des tumeurs jugées jusqu’alors inopérables. L’orthophoniste a un rôle majeur.
La chirurgie éveillée révolutionne la prise en charge des tumeurs cérébrales situées dans les zones fonctionnelles du cerveau. Concrètement durant l’intervention, le patient est réveillé et pratique des tests adaptés (de langage, de motricité, de vision …).
L’opération se déroule en trois phases :
L’évaluation préopératoire : elle est réalisée par l’orthophoniste afin de déterminer si les fonctions langagières sont atteintes, à quel degré et dans quel domaine. Une évaluation détaillée est généralement effectuée en vue d’établir un profil précis des capacités linguistiques du patient à ce stade préopératoire.
L’IRM : elle permet d’avoir des données sur la taille de la lésion et sa localisation. Puis une IRM Fonctionnelle est réalisée afin d’obtenir des informations plus fonctionnelles sur la localisation présumée des aires éloquentes. «Toutefois, ces données ne permettent pas de différencier les zones essentielles à la production du langage de celles qui peuvent être compensées.
L’anesthésie : elle nécessite une équipe expérimentée pour la technique qui s’est déroulée «endormie/éveillée/endormie» impliquant une anesthésie générale, seulement pour l’ouverture et la fermeture du crâne.
Les différentes interventions sont réalisées par le chef de service neurochirurgie en collaboration avec l’orthophoniste dont le rôle consistz à la réalisation d’un ensemble de tests orthophoniques du langage tout au long de l’éveil du patient, à l’aide de logiciels installés sur un ordinateur portable.
Par ailleurs, le confort du patient étant primordial pour une collaboration optimale, l’installation de celui-ci et son bien-être au cours de la procédure représentent une étape essentielle. Après les avoir minutieusement informés du déroulement de la procédure, les patients sont placés confortablement sur la table opératoire en position latérale, avec la face dégagée et protection des zones d’appui. Une fixation de la tête est ainsi administrée.
Vient ensuite le stade du réveil du patient et du bilan orthophonique. « Ceci est un vélo », « ceci est un hélicoptère »… concentré comme un enfant sur l’imagier qui défile sur l’écran, l’orthophoniste énumère les objets qui défilent à l’écran tandis que le neurochirurgien, affairé au-dessus de sa boîte crânienne largement ouverte, retire la tumeur précancéreuse qui envahit peu à peu son cerveau.
Cette scène étonnante est celle de la chirurgie éveillée, une technique de neurochirurgie qui présente de nombreux avantages. Les régions fonctionnelles ont alors pu être détectées et une cartographie cérébrale des zones à éviter a été mise en place grâce à la technique de stimulation directe. Cette dernière a pour but de déclencher une action d’origine motrice ou sensitive pour arrêter une fonction telle que le langage ou les fonctions cognitives. C’est à peu près comme un GPS pour le neurochirurgien.
En dernier lieu, en fonction des lésions possibles, de la localisation, le chirurgien décide une ablation totale ou partielle de la lésion.
Il s’agit réellement d’une chirurgie d’avenir où l’orthophoniste aura une place de choix !
367 médecins alertent Marisol Touraine sur l’état de déliquescence de l’orthophonie à l’hôpital.
Dans un manifeste adressé début janvier à la ministre des Affaires sociales et de la Santé, plus de 500 professionnels de santé dont 305 médecins de toutes spécialités et 62 professeurs des universités-praticiens hospitaliers (PU-PH) font pression sur Marisol Touraine pour qu’elle daigne enfin appuyer les recommandations des orthophonistes hospitaliers alors que les discussions salariales avec la DGOS sont dans l’impasse.
Parmi les diverses manifestations de la maladie de Parkinson, un symptôme moins connu, mais très fréquent est la difficulté d’élocution, de déglutition pour lequel l’orthophonie est très utile.
Une pathologie à laquelle on ne pense pas en premier lieu mais pour laquelle l’orthophoniste est indispensable. Le champ d’intervention en orthophonie est vraiment très large !
En raison de salaires très bas au regard du niveau de formation, les orthophonistes délaissent les carrières hospitalières. Un mouvement très préjudiciable pour l’accès au soin et la formation des praticiens.
Depuis l’officialisation de son statut en 1964, la profession d’orthophoniste a toujours été en pleine expansion pour pouvoir répondre aux besoins de la population dans des domaines divers de pathologies, et à tout âge de la vie. En cinquante ans, la profession est passée de 150 orthophonistes à plus de 24 000 en 2016. Pour cela, la formation universitaire initiale, accessible après un examen d’aptitude très sélectif, a su évoluer (trois ans d’études en 1966, quatre ans en 1986 et cinq ans depuis 2013) avec le renforcement des enseignements en sciences biomédicales (génétique, neurosciences par exemple), en sciences humaines et en pratiques professionnelles, nécessaires au niveau d’expertise requis et à l’élargissement des pratiques.
La population a besoin d’interventions orthophoniques. Pourtant, cette profession quitte l’hôpital, en raison de salaires très bas au regard du niveau de formation. Ces salaires sont actuellement les plus faibles de la fonction publique hospitalière à niveau de diplôme équivalent (environ 1 200 euros net en début de carrière, 2 100 euros en fin). Le départ ou le turnover incessant de ces professionnels ne leur permet ni d’acquérir ni de transmettre l’expertise clinique nécessaire à l’exercice de leur fonction auprès des patients.
Cette fuite des orthophonistes hospitaliers remet également en cause l’accès aux soins et provoque une perte de chances pour les patients. Ceux-ci ne sont plus pris en charge immédiatement après un AVC ou une laryngectomie par exemple…