Dans les cartons depuis plusieurs années, l’école d’orthophonie de Brest ouvrira ses portes à la rentrée 2018.
À la rentrée 2018, Brest verra enfin les portes de l’école d’orthophonie s’ouvrir sur sa première fournée d’étudiants. Dans les cartons depuis plusieurs années, le projet se concrétise enfin dans une région qui ne compte aucune école. En France, ce sera la vingtième. Si l’Université a confirmé cette ouverture, il n’y aura, pour l’instant, pas d’informations officielles sur les modalités d’inscription au concours, qui ne sont pas encore connues. L’école se ferait en partenariat avec le Centre hospitalier régional et universitaire de Brest (CHRU). De nombreux points restent toutefois à éclaircir. Le premier, et pas des moindres, est la question du concours : quelles épreuves ? Combien de candidats ? Quel jury ? Et surtout, quelles dates ? Plusieurs questions qui devront trouver réponses assez rapidement. Le concours brestois se déroulant sûrement au printemps, à rebours donc du reste des écoles, dont la plupart des écrits d’admission se déroulent entre février et avril. Mais à la même période que ceux de Marseille (12 juin), Rouen (18 mai) et Clermont-Ferrand (4 mai). Cette date s’explique notamment par le fait que les épreuves du concours ne sont pas encore prêtes.
Une première école en Bretagne
À l’instar des autres concours, le nombre de candidats sera très élevé : entre 440, pour Limoges et 3.550, pour Paris, avec une moyenne de 1.300 sur les 19 écoles. L’université s’attend à recevoir plus de 800 candidats. Au-delà de ce point, c’est aussi le nombre de places qui pose question. Sur le plan national, la moyenne est d’une trentaine d’étudiants, Lyon et Paris restant des exceptions (100 et 120 places). Brest ne devrait pas dépasser la moyenne, préférant même une petite promotion. Pour la région, la nouvelle est toutefois bonne. La Bretagne apparaissait comme un cas à part dans le paysage français. Sans école d’orthophonie dans la région, les étudiants devaient se diriger, au plus proche, à Nantes, à Tours ou à Caen, à condition de réussir les concours.
Plus d’un an de liste d’attente
Même si en 2023 (les études d’orthophonie durant 5 ans) tous les orthophonistes formés à Brest ne s’installeront pas en Bretagne, cette nouvelle école permettra de répondre à une demande toujours plus importante. À Brest, trouver un orthophoniste relève parfois du parcours du combattant, avec, dans certains cas, plus d’un an sur liste d’attente.
En France, 6 à 8 % de la population seraient concernés par les troubles “dys”. Ils ont leur journée nationale. Elle se traduira dans la Nièvre par des conférences et des tables rondes.
Dyslexiques, dysphasiques, dyspraxiques, dysorthographiques, dysgraphiques, dyscalculiques… Voici quelques exemples de “dys”.
Les objectifs principaux de la 5e Journée des “dys” sont de favoriser un repérage et un diagnostic précoce partout en France, un accompagnement et une prise en charge réellement adaptés, ainsi qu’une meilleure connaissance de ces troubles. Le diagnostic repose sur un bilan pluridisciplinaire.
Soirée gratuite
Dans la Nièvre, une soirée gratuite et ouverte à tous est organisée, pour la cinquième année, par le réseau Pluradys (*) en partenariat avec l’Agence régionale de santé, Nevers Agglomération, le réseau Canopé et la Fédération nationale des orthophonistes. Elle se tiendra, demain, à partir de 18 h 30, au siège de Nevers Agglomération, route de Marzy, à Nevers.
Au programme : une conférence de Gilles Paumier, orthophoniste et membre de l’équipe ressource de Pluradys ; suivie d’une table ronde animée par cinq professionnels de santé sur le thème « Sera-t-il “dys” ? Pour repérer, il n’est jamais trop tôt ».
« Normalement, le diagnostic, assuré par un médecin, repose sur un bilan pluridisciplinaire, faisant intervenir orthophoniste, psychologue, psychomotricien ou encore ophtalmologiste, en fonction des symptômes de l’enfant », précise Gilles Paumier.
Pour définir les modalités de prise en charge, les parents doivent s’adresser à la Maison départementale des personnes handicapées. En fonction du degré du handicap, la MDPH décide d’aménagements spécifiques, formalisés par le biais d’un projet personnalisé de scolarisation.
(*) Pluradys est un réseau de santé destiné aux enfants de Bourgogne présentant une association de plusieurs symptômes ou de plusieurs dysfonctions relatives aux pathologies du développement et/ou aux troubles des apprentissages.
Persuadée que les nouvelles technologies apportent une vraie plus-value dans le métier d’orthophoniste, la société Ortho & Co. s’est donné pour objectif de développer des applications en rapport direct avec le métier d’orthophoniste.
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Encore faut-il savoir s’en servir… et le mettre en application avec les patients ! Car on ne le répétera jamais assez, un logiciel, une application ipad, un jeu « grand public » et même un jeu créé par un éditeur spécialisé ne font pas une rééducation. C’est avant tout les orthophonistes, capables d’adapter les outils à leur disposition et à la situation particulière de chacun des patients qui permettent cette rééducation.
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Alors si vous êtes curieux et friand de NTIC, suivez ce lien !
Les orthophonistes ont sollicité les nouveaux élus des élections législatives, se rappelant à leur bon souvenir…
Leurs études devraient être reconnues à Bac + 5. Mais aujourd’hui, les diplômes d’orthophonistes ne sont reconnus qu’à Bac + 3. Une “largesse” de l’ex ministre de la santé Marisol Touraine, alors qu’ils n’étaient reconnus qu’à Bac + 2 ! Conséquence : les orthophonistes en milieu hospitalier sont payés au Smic (1.150 € nets mensuels), ce qui n’est guère au regard des études réalisées, et n’attire pas les vocations, naturellement.
“On compte sur Marc Fesneau, sur Jacqueline Gourault aussi qui nous a toujours soutenue. On sollicite aussi les autres députés (Maurice Leroy, Guillaume Peltier, Ndlr) pour leur rappeler que la situation n’a pas évoluée depuis 2013. Tout est à faire !”, s’agace Hélène Sagne, orthophoniste à Chaumont-sur-Loire et présidente du syndicat des orthophonistes de Loir-et-Cher et du syndicat régional. “Éventuellement notre diplôme serait reconnu Bac + 4 en 2019, mais on n’y est pas encore et ça n’est toujours pas le Bac + 5”, ajoute-t-elle.
“Mais vous avez déjà été revalorisées !”
Dans un avenir proche, les GHT (Groupements hospitaliers territoriaux) pourront embaucher des orthophonistes pour faire face à la pénurie. En Loir-et-Cher, un poste sera à pourvoir, doté d’une prime de 3.000 € pour 3 ans. Pas de quoi rassurer Hélène Sagne : “Le problème, ce n’est pas la prime, le problème c’est comment attirer un ou une candidate avec un Smic et un diplôme pas reconnu à sa juste valeur. Dans le département, il y a 10 postes vacants”. En plus d’un concours difficile – qui freine déjà les envies – les candidats en passent plusieurs dans différentes villes, afin d’augmenter leurs chances de décrocher le précieux sésame. Peu d’hommes se présentent, au niveau national 97 % des praticiens sont des femmes, signe d’une profession mal reconnue, et mal payée… En outre, un décret est en discussion actuellement à l’échelon européen, pour baisser le niveau de langue requis pour des orthophonistes étrangers qui seraient susceptibles de venir exercer en France. Un décret contre lequel les orthophonistes françaises sont vent debout : “Il faut évidemment très bien maîtriser la langue française pour être orthophoniste, c’est la base”, s’indigne H. Sagne. Avec une consœur du CMPP (Centre medico psycho pédagogique) elles avaient interpellé le Président François Hollande à Chambord lors de sa visite inaugurale des jardins à la française, le 19 mars dernier. Sans suite. Les orthophonistes d’Indre-et-Loire sont allées plusieurs fois à la rencontre de la candidate Marisol Touraine durant sa campagne législative dans sa circonscription. Elle leur a répondu “qu’elles avaient été revalorisées”, bottant en touche, avant de s’y retrouver elle même le 18 juin au soir… Le combat des orthophonistes continue donc. Hélas, pourrait-on dire.
Face au plafond de 4 % de réussite aux concours français, les étudiants sont chaque année plus nombreux à passer la frontière belge pour intégrer les hautes écoles et universités belges.
Du jour où elle a reçu le feu vert de la Haute Ecole de la ville de Liège (HEL) pour s’inscrire en « logopédie », appellation belge de l’orthophonie, Talitha Puech n’a eu que quelques jours pour plier bagage et dénicher, sans même l’avoir vu, un logement en Wallonie. C’était en 2015.
Aujourd’hui étudiante en deuxième année, elle alterne vingt-trois heures de cours et deux jours de stage, où elle soigne neuf patients en totale autonomie. Un rythme « intensif » qu’elle ne regrette aucunement. Après une première erreur d’orientation et un échec aux concours d’orthophonie en France, « reperdre une année » était inenvisageable. Aux frais d’inscription des épreuves (80 euros par école en moyenne) s’ajoutaient ceux des déplacements, de l’hébergement et d’une très recommandée classe préparatoire, environ 3 000 euros pour six à neuf mois d’entraînement. « Etant boursière, je ne pouvais pas », explique-t-elle.
Limité à 30 % de non-résidents
Face au plafond de 4 % de réussite aux concours français, les étudiants sont chaque année plus nombreux à passer la frontière belge pour intégrer les cursus ouverts des Hautes Ecoles (en trois ans) ou de l’Université (en cinq ans). Une solution si prisée qu’en juin 2006, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles promulguait un décret limitant à 30 % la proportion de non-résidents. Levée en 2011, la mesure avait fait son retour dès 2013 pour contrer le flux de Français inscrits dans l’intervalle – jusqu’à 80 % de la promotion de l’Institut libre Marie-Haps de Bruxelles en 2012-2013.
Pour les candidats français commence alors le parcours du combattant, se souvient Talitha. Pour participer au tirage au sort des 30 %, il faut d’abord débourser 200 euros pour faire valider son baccalauréat. Puis patienter quatre heures en file d’attente pour espérer poser son dossier lors d’une des trois seules matinées prévues à cet effet. Enfin croiser les doigts et prévoir un plan de secours ! Et le retour en métropole pour celles et ceux qui souhaitent pratiquer en France n’est pas moins compliqué…