admin@e-orthophonie.fr

04 77 37 79 98

Aphasie (de Broca, de Wernicke) : définition, symptômes, traitements

Aphasie (de Broca, de Wernicke) : définition, symptômes, traitements

L’aphasie constitue un trouble du langage, allant d’une difficulté à trouver ses mots à une impossibilité de s’exprimer. Fréquent chez les personnes victimes d’un AVC, ce trouble est causé par des dommages dans le cerveau. Le point avec le Dr Bertrand Glize, médecin de rééducation spécialiste de cette pathologie.

Qu’est-ce que l’aphasie ?

« L’aphasie est un trouble du langage oral et/ou écrit qui résulte d’une lésion cérébrale des zones impliquées dans le langage », explique le Dr Bertrand Glize, médecin de rééducation au CHU de Bordeaux, et expert de cette pathologie. Cette maladie se traduit par une perte de la capacité à communiquer partielle ou totale pouvant entraîner d’autres troubles associés (écriture, lecture). Souvent invalidante, l’aphasie affecte la vie familiale, sociale et professionnelle des personnes touchées.

Quelle est la fréquence de cette pathologie ?

Actuellement, la Fédération Nationale des Aphasiques de France (FNAF) estime que 300 000 personnes seraient aphasiques en France. Les troubles qui y sont associés peuvent se manifester à des degrés divers chez les personnes touchées.

Quels sont les symptômes de l’aphasie ?

Dans son quotidien, une personne aphasique souffre de difficultés à s’exprimercomprendrelire ou écrire. Il en existe plusieurs formes qui peuvent se manifester par :

  • Troubles de la production du langage : il s’agit de difficultés à produire les mots correctement, associée à une diminution de la fluence verbale, c’est-à-dire au « débit » des mots exprimés. On parle d’aphasie non-fluente. Ces atteintes vont du « manque du mot » qui caractérise les anomies à des troubles plus sévères. L’aphasie motrice ou l’aphasie de Broca, en référence historique à Paul Broca qui l’a décrite, est un trouble caractéristique de la production du langage n’affectant que peu la compréhension.
  • Troubles de la compréhension, associés ou non aux troubles du langage : L’aphasie de Wernicke, en référence à Karl Wernicke qui l’a décrite, est caractérisée par des troubles importants de la compréhension. Si la fluence est préservée, les productions correspondent à un jargon, le patient n’ayant pas la possibilité de critiquer et comprendre ce qu’il dit.

 

Zones du cerveau dont la perturbation provoque l’aphasie de Broca ou de Wernicke

 

Ces symptômes sont présents au niveau du langage oral et/ou écrit, pas de façon proportionnelle.

Outre l’aphasie de Broca et l’aphasie de Wernicke qui sont les plus connues, ces différences de proportionnalité ont amené les spécialistes à décrire d’autres formes d’aphasies. De manière non exhaustive, on peut citer : 

  • l’aphasie de conduction : discours fluent, entrecoupé d’hésitations et de paraphasies. La compréhension est généralement bonne.
  • l’aphasie globale : L’expression du patient est quasi nulle. Les troubles de la compréhension sont également importants. 

Enfin, un autre type d’aphasie à évolution progressive correspond à une atteinte neurodégénérative : l’aphasie primaire progressive.

Quelles sont ses causes ?

« Aphasie » vient du grec « phasis » (parole) et signifie « absence de parole ». Ce trouble est le symptôme d’une lésion cérébrale pouvant provenir de multiples causes. Il peut s’agir notamment :

  • D’un accident vasculaire cérébral (AVC) ; qui en la cause la principale. « On estime que 20 à 30 % des personnes victimes d’un AVC développent une aphasie par la suite », indique le Dr Bertrand Glize. 
  • D’un traumatisme crânien.
  • D’une infection cérébrale (encéphalite).
  • D’une tumeur cérébrale.
  • De certaines maladies neurodégénératives, comme l’aphasie primaire progressive qui peut parfois être le symptôme d’un début atypique de la maladie d’Alzheimer.

Comment évolue ce trouble du langage ?

Ce symptôme, dans les suites d’un AVC, évolue en trois phases :

  • La phase aigüe : Récente, la lésion provoque de nombreuses modifications dans le cerveau. Le patient nécessite des soins intensifs pour prendre en charge son AVC. Le malade qui présente une aphasie est généralement déstabilisé. Les symptômes initiaux sont parfois sévères, allant jusqu’au mutisme total, c’est-à-dire l’impossibilité de produire un mot.  « La rééducation commence dès cette phase », indique le médecin.
  • La phase subaigüe : Le cerveau du patient se réorganise. De nombreuses zones affectées, mais non lésées se remettent en activité. Une rééducation orthophonique intensive est préconisée, car c’est à cette période que les progrès sont les plus fulgurants. « C’est aussi une phase un peu critique, car le cerveau a subi de nombreuses modifications dont le patient prend conscience. Elles peuvent être à l’origine d’une dépression », ajoute le Dr Bertrand Glize.
  • La phase chronique : Les mécanismes de neuroplasticité ne sont plus aussi intenses que dans la phase précédente. Les progrès continuent, mais se font plus discrets. La maladie s’intègre à la vie quotidienne.

Quelles sont les personnes à risque ?

En grande majorité, ce sont les personnes âgées qui sont touchées par cette pathologie. L’âge est, en effet, un des facteurs favorisant des accidents vasculaires cérébraux, des tumeurs ou encore des maladies neurodégénératives. Pour autant, toute personne peut devenir aphasique s’il y a une lésion cérébrale. Et cela, quel que soit son âge.  

Combien de temps dure l’aphasie ?

D’un individu à un autre, la récupération ne sera pas la même. Cette dernière dépend de nombreux facteurs comme :

  • La cause, la taille et la localisation de la lésion ;
  • La présence ou non de troubles associés à l’aphasie ;
  • Le traitement et la réponse au traitement.

Est-ce une maladie contagieuse ?

L’aphasie est un symptôme, ce n’est pas une pathologie contagieuse.

Qui et quand consulter ?

Dès lors qu’une difficulté à s’exprimer verbalement apparaît, il est nécessaire de contacter de toute urgence le 15. « Un trouble du langage brutal, c’est un AVC jusqu’à preuve du contraire, indique le spécialiste. Chaque minute compte pour relancer la circulation sanguine, sauver le cerveau et améliorer le pronostic de récupération. »

Quelles sont les complications ?

L’aphasie correspond à une lésion du cerveau. Cette dernière peut être plus ou moins étendue, et, par conséquent provoquer d’autres troubles secondaires comme une altération de la mémoire courte, une atteinte de la faculté à s’organiser, ou encore des troubles moteurs. « L’aphasie est provoquée par la lésion d’une zone cérébrale proche de celle de la motricité. C’est très courant de voir une aphasie associée à une hémiplégie », explique le docteur.

Quels sont les examens et analyses nécessaires ?

Le diagnostic de l’aphasie se base généralement sur plusieurs étapes :

  • Un examen clinique ; afin de constater les difficultés d’élocution du patient et de déterminer si elles peuvent être en rapport avec une aphasie et non par un autre trouble (dysarthrieproblèmes d’audition, de vision).
  • Une imagerie du cerveau, principalement une IRM ; afin de déterminer l’étendue, la gravité et la cause de la lésion.

Des examens complémentaires peuvent être indiqués selon la cause suspectée.

Quels sont les traitements de l’aphasie ?

En fonction de la cause de l’aphasie, le traitement de cette cause est différent. Si elle est la conséquence d’une tumeur cérébrale par exemple, le traitement associé à cette pathologie est, bien évidemment, préconisé.

Le traitement de ce symptôme repose, quoi qu’il en soit, sur une thérapie du langage spécifique. L’orthophonie peut ici permettre au patient de perfectionner ses fonctions langagières et d’améliorer sa vie sociale. « En phase subaigüequatre à cinq séances par semaine sont nécessaires. Et certains exercices sont à pratiquer chez soi », indique le Dr Bertrand Glize. Les gestes ou le dessin sont également des moyens d’expression alternatifs qui favorisent la communication.

Est-il possible de prévenir cette maladie ?

L’aphasie demeure un symptôme. Pour la prévenir, il n’y a pas d’autres solutions que de prévenir les causes. Pour éviter la survenue d’un AVC par exemple, il est recommandé de lutter contre les facteurs de risque cardiovasculaires et :

D’adopter une alimentation saine et équilibrée ;

  • D’arrêter de fumer ;
  • De bouger quotidiennement ; 
  • De prévenir l’hypertension artérielle.
Le jeu de l’été !!!

Le jeu de l’été !!!

Voici un petit jeu de UNO® pour travailler sur la reconnaissance des mots outils.

Il suffit de suivre les règles du UNO®classique, un peu simplifié… Recouvrir la carte posée par une carte de même couleur ou avec le même mot.

En grammaire, un mot-outil ou mot grammatical, est une catégorie de mots, dont le rôle syntaxique est plus important que le rôle sémantique.

Alors vite… imprimez, plastifiez, découpez et jouez !

Toute l’équipe d’e-orthophonie vous souhaite de belles vacances bien méritées 😉 !

e-orthophonie*

A

 

Les odeurs, de nouvelles alliées en orthophonie ?

Les odeurs, de nouvelles alliées en orthophonie ?

Trop longtemps négligés, les pouvoirs olfactifs sur la vie émotionnelle sont de plus en plus considérés. Orthophoniste et docteur en neurosciences et en sciences de l’ingénierie, le Dr Auriane Gros exerce au CHU de Nice. Elle est enseignant-chercheur à l’université Nice-Côte d’Azur au sein du laboratoire CoBTeK (Cognition Behaviour Technology) et directrice pédagogique du département d’orthophonie de Nice.

L’olfaction et ses pouvoirs thérapeutiques sont-ils considérés de manière nouvelle ?

Indéniablement, voilà un sens qui revient sur le devant de la scène. Pendant des siècles, il était plutôt d’usage de dissimuler les odeurs, qu’il s’agisse de transpiration ou des effluves d’éther dans les hôpitaux. Ce camouflage a généré un désintérêt pour l’odorat. On savait bien pourtant que dans les troubles de l’oralité, par exemple lorsqu’un bébé souffre d’un défaut de succion, le mettre en contact avec l’odeur maternelle pouvait l’inciter à téter. Nous savions aussi que de nombreuses personnes font un usage satisfaisant des huiles essentielles, mais nous manquions de données effectives. Pour voir s’intensifier les recherches sur l’odorat, il a notamment fallu le prix Nobel de 2004 attribué à Richard Axel et Linda Buck pour leurs travaux sur les récepteurs olfactifs. Mais nous avons encore beaucoup à faire. Nous savons que 80% des odeurs identifiées sont plutôt désagréables, et que l’homme peut distinguer un milliard de milliards de senteurs différentes! Mais nous manquons du lexique nécessaire pour les répertorier…

Sur quels domaines se concentrent vos recherches ?

Principalement sur le rôle des odorants dans le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer, et l’apport de l’olfaction pour ramener à un ressenti émotionnel les patients qui souffrent d’apathie et voient leurs émotions émoussées. L’odorat est le seul sens qui puisse s’expérimenter dans une double voie: il peut y avoir un relais au niveau du cortex orbito-frontal et du cortex limbique (émotionnel), et nous prenons alors conscience de l’odeur ; ou bien le cortex olfactif envoie l’information directement au cerveau limbique sans passer par la voie de la conscience. La composante amygdalienne et donc les émotions peuvent être réactivées dans tous les cas. Si l’on fait sentir l’odeur du pain chaud à un malade d’Alzheimer qui a été boulanger, il ne pourra pas forcément identifier cette odeur mais il y restera particulièrement sensible. On l’observe aussi avec les victimes d’attentat ou les personnes ayant subi un grave traumatisme: les odeurs de sang réveillent la mémoire émotionnelle.

Le vécu individuel compte donc beaucoup ?

Oui, l’odeur d’herbe coupée parlera à certains et pas à d’autres. C’est pour cela que nous ciblons le vécu de la personne que nous cherchons à stimuler ou apaiser. L’origine culturelle est aussi importante: à Taïwan, on ne supporte pas l’odeur de lait chaud mais on raffole des œufs de cent ans et de leur odeur de pourri! La réactivité à certaines odeurs est aussi liée aux habitudes alimentaires. En Inde, le parfum du clou de girofle régale car il est utilisé dans de nombreux desserts, alors que chez nous il évoque le dentiste…

Mais certaines molécules ont des vertus générales…

Le linalol, molécule de la lavande, a des vertus anxiolytiques ; les odeurs «vertes» (pomme, herbe coupée) apaisent… Dans notre laboratoire, nous cherchons des molécules permettant de calmer des états de stress. Pour cela, nous prenons des mesures physiologiques suite à l’exposition aux odorants, telle la réponse électrodermale (en lien avec la sudation). Mais il semble important d’envisager une utilisation à long terme pour constater des améliorations durables sur les aspects comportementaux. Chez les malades d’Alzheimer qui montrent des états d’agitation ou qui ont besoin d’être dynamisés, nous procédons pendant six mois au moins, à leur domicile, à des diffusions d’odorants. Parfois, ces prescriptions sont mal acceptées car les malades ont l’impression de ne rien sentir. Mais l’effet actif des molécules n’en est pas moins certain.

La FNEO et la FNO se mobilisent avec succès !

La FNEO et la FNO se mobilisent avec succès !

La FNEO et la FNO avaient dénoncé, il y a une quinzaine de jours, le numerus clausus en baisse pour les étudiants orthophonistes. Les pouvoirs publics ont entendu leurs arguments !

En effet, l‘arrêté paru le 26 juin au Journal Officiel, prévoyait l’admission de 912 étudiants orthophonistes pour l’année 2021-2022 versus 960 à la rentrée 2020. Cette annonce avait provoqué une forte mobilisation de la Fédération nationale des étudiants en orthophonie (FNEO) et de la FNO. Ils avaient déploré « un quota inacceptablement bas » depuis plusieurs années, établi en fonction des moyens des universités et non des besoins de la population, alors même que « partout en France des patients attendent parfois jusqu’à 2 ans avant d’avoir un premier rendez-vous ». Ils ont annoncé hier avoir obtenu du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche qu’il s’engage à relever le numerus clausus, à débloquer les fonds nécessaires au financement de la formation et à se rapprocher des universités et centres de formation concernés pour négocier le nombre de places à ouvrir.

Une nouvelle fois, un GRAND MERCI 🙏🏻 à la FNEO et à la FNO pour leur investissement et leur travail sans relâche !

 

Inscription administrative Parcoursup

Inscription administrative Parcoursup

Si vous avez accepté définitivement une admission , pensez à faire les démarches administratives ℹ️ pour vous inscrire en respectant bien la date limite indiquée. Toutes les infos : onglet «Inscription administrative» dans votre dossier.

Encore félicitations 👏🏻 à nos admis 😍!