Chaque mois, nous vous proposons de découvrir une pathologie prise en charge par les orthophonistes. Ce sont des notions essentielles à connaître pour vos oraux d’admission en CFUO 😉. Ce mois-ci, nous vous présentons les troubles de l’articulation et de la parole.
C’est le seul domaine de l’orthophoniste qui ne concerne que les enfants et les adolescents. Il comprend une grande variété de troubles avec des origines diverses.
Ce sont des erreurs systématiques et constantes qui perturbent l’exécution des mouvements à réaliser pour émettre un phonème donné. On peut rencontrer trois types de troubles :
l’absence d’un phonème,
la substitution par un autre son dont l’articulation est voisine,
la production d’un son qui n’existe pas en français.
Ces troubles se caractérisent par une déformation de la prononciation de certaines lettres par exemple parler sur le bout de la langue ou « zozoter ». Lorsque le problème est constant et répétitif dans le temps, il s’agit alors d’un trouble d’articulation.
L’articulation des mots se fait grâce à certains mouvements précis d’un ensemble de composantes physiologiques. La bouche, la mâchoire, le palais et la langue sont naturellement synchronisés afin de prononcer correctement les lettres. Chez certains enfants, cette synchronisation peut être déficiente à cause d’un problème moteur au niveau de la langue ou des lèvres, d’une audition déficiente, d’une malformation du palais, de la mâchoire ou de la bouche. Un trouble d’articulation est d’origine fonctionnelle lorsque toutes autres anomalies physiologiques ou sensorielles ont été écartées. La dentition peut aussi être impliquée lorsque des dents sont soit manquantes, mal alignées ou mal positionnées.
La prononciation déformée de certaines lettres est un signe permettant d’identifier le trouble d’articulation chez le jeune enfant. Par exemple, parler sur le bout de la langue est très évident lors de la prononciation des lettres s, z, t, d et n. Tandis que dans la prononciation des lettres s, z et ch, les sons émis sont souvent empâtés et mal articulés. À long terme, si la situation perdure, il sera difficile de remédier à ce genre de trouble. L’enfant aura une élocution déficiente tout au long de sa vie puisqu’il sera habitué à mal articuler certaines lettres.
Un trouble d’articulation non traité risque d’occasionner des difficultés d’écriture et de lecture et d’évoluer vers un trouble de la communication. Il peut également avoir des conséquences négatives sur l’estime de soi, les interactions avec l’entourage et sur la vie professionnelle d’une personne.
Quelles sont les manifestations, les causes, les difficultés et les besoins d’accompagnement liés à la dyslexie ? Avec Rose-Marie Lirola, orthophoniste chargée d’enseignement à l’université Pierre et Marie Curie à Paris, nous faisons le point sur ce trouble qui concernerait 4 à 5% des élèves d’une classe d’âge… mais aussi de nombreux adultes dont les difficultés étaient beaucoup moins prises en charge lorsqu’ils étaient enfants.
– Combien de personnes, enfants ou adultes, sont touchées par ce problème ?
Rose-Marie Lirola – On estime qu’entre 5 et 15% des enfants d’âge scolaire seraient touchés. Cette prévalence vaut pour le monde et comprend les domaines de la lecture/écriture et les mathématiques, donc pas seulement la dyslexie. En France ce trouble concernerait 4 à 5% des élèves d’une classe d’âge. Ces chiffres varient beaucoup selon les langues et les cultures puisque cela dépend du degré « d’opacité » de la langue. Dans certaines langues, chaque lettre représente un son et un seul, alors que dans d’autres langues (comme le français), une lettre peut avoir différentes prononciations. Par exemple, en français, le « c » peut se prononcer “k” ou “ss”. En polonais, chaque lettre a son propre son, ce qui simplifie l’apprentissage de la lecture mais qui complexifie la détection de la dyslexie.
– Mais justement quels sont les symptômes de la dyslexie ?
R-M. L. – C’est une difficulté persistante, durable, à associer un son (phonème) à une lettre (graphème) qui entraîne des difficultés à décoder. Les personnes qui souffrent de dyslexie ont des difficultés dans la reconnaissance exacte et fluide des mots, une lecture lente, un décodage haché. La plupart du temps, les personnes dyslexiques ont une dysorthographie associée, c’est-à-dire des difficultés à apprendre l’orthographe des mots et à les retenir de manière durable. Il faut savoir qu’aujourd’hui on parle moins de dyslexie, de dysorthographie ou de dyscalculie mais plutôt de « troubles spécifiques des apprentissages avec déficit en lecture et/ou en expression écrite et/ou du calcul ».
– Et quelles en sont les causes ?
R-M. L. – La dyslexie est un trouble du neuro-développement lié au dysfonctionnement de ce que l’on appelle la « visual word form area », une partie du cerveau située sur la gauche de la tête, en arrière de l’oreille. On pense que ce dysfonctionnement serait dû, au stade embryonnaire, à une migration particulière des cellules dans le tube neural au moment de la formation des deux hémisphères du cerveau, peut-être liée à des facteurs environnementaux. D’autre part, il y a aussi des causes génétiques à la dyslexie, un fort taux lié à l’hérédité, mais on sait aujourd’hui que si l’on entraîne ou rééduque les enfants présentant une dyslexie cela peut modifier leur système nerveux au niveau moléculaire et permettre d’augmenter la chance que leur descendance ait une dyslexie moins forte. Pour illustrer ce que représente la dyslexie, on peut dire que c’est comme le lien entre un interrupteur et une lampe : l’interrupteur c’est la lettre, la lampe c’est la façon dont se prononce cette lettre et le problème c’est le fil électrique qui représente le travail du cerveau durant la lecture, c’est comme si le réseau était ralenti.
– Peut-on parler d’une maladie ?
R-M. L. – C’est aux patients de le dire ! Il faut surtout souligner que beaucoup ont des habiletés incroyables dans d’autres domaines, le dessin, la conceptualisation en trois dimensions, une perception très fine des détails et une grande intelligence émotionnelle. Les personnes qui souffrent de dyslexie sont souvent des personnes très humaines.
– Au-delà des symptômes classiques, quels autres troubles peuvent connaître les patients dyslexiques ?
R-M. L. – Ils rencontrent souvent des problèmes dans l’exécution de certaines tâches, pour les enfants par exemple, préparer un cartable sans oublier livres, cahiers, lunettes … Chez les étudiants, on constate parfois des évitements des activités qui requiert des compétences scolaires ou universitaires, des difficultés à intégrer des changements dans leur emploi du temps, à respecter des horaires de rendez-vous en étant soit en retard soit trop en avance.
– Peut-on guérir de la dyslexie ?
R-M. L. – Non, au même titre que vous aurez les yeux bleus ou marrons toute votre vie, la personne dyslexique aura toujours une lenteur résiduelle à la lecture des textes, même si elle lira presque normalement. Mais je veux souligner que c’est un problème de décodage, pas de compréhension : il y a des enfants qui décodent très bien mais qui ne comprennent pas ce qu’ils lisent, et, cela, ce n’est pas de la dyslexie!
– Qui pose le diagnostic de la dyslexie ?
R-M. L. – C’est l’orthophoniste, à partir de critères bien définis. Cela se fait à travers une consultation qui commence par un entretien clinique qui permet d’identifier d’éventuels problèmes de vue, d’audition, de voir s’il y a des antécédents familiaux et quand et comment ont commencé les difficultés. Pour les adultes cet entretien clinique est très important pour faire un retour sur les difficultés rencontrées durant l’enfance. Cette première partie de consultation, c’est ce qui va nous mettre sur la piste. Ensuite, il y a une série de tests qui permettent d’évaluer divers critères et d’établir un écart type par rapport à la moyenne. Si cet écart est en dessous d’un certain seuil alors c’est qu’il y a une pathologie.
– Et ensuite, comment se passe la prise en charge ?
R-M. L. – A partir du diagnostic qui sert à évaluer la gravité du problème, on définit le protocole de soins qui est différent selon les cas. La littérature prévoit une prise en charge de 20 minutes 5 jours par semaine … On ne peut pas tenir ce rythme dans la réalité ! Pour ma part, je propose deux séances par semaine. Avec une implication de la famille. Mais ce point fait débat … En ce qui me concerne, pour les patients enfants, je considère que cette implication des parents, au-delà du fait qu’elle permet la poursuite de certains exercices à la maison, apporte une vraie prise de conscience et facilite le suivi de l’évolution.
– Mais concrètement, quels sont les exercices pratiqués lors de ces séances ?
R-M. L. – Sur ce point non plus il n’y a pas de consensus. D’abord, la théorie la plus admise est de distinguer trois types de dyslexie, la dyslexie phonologique,, la dyslexie visuo-attentionnelle et celle qui est mixte. Certains auteurs parlent même de 18 types différents dont ceux liés aux troubles visuels, mais nous ne sommes pas là pour en débattre … Pour la dyslexie phonologique, par exemple, je fais travailler mes patients sur le traitement des sons (la phonologie). Il faut savoir qu’une personne dyslexique entend toute la variation des sons : quand vous prononcez à plusieurs reprises le son « p », le patient peut entendre toutes les variations possibles de ce son ; comment voulez-vous qu’il écrive correctement la lettre puisqu’il a entendu des sons différents à chaque fois que vous avez prononcé le mot? Donc je travaille beaucoup sur des mots à découper en syllabes pour analyser la macrostructure, puis un travail plus fin des mots dans lesquels manipuler les phonèmes. Ceci toujours avec un passage à l’écrit et avec des mots très simples au départ et de complexité croissante. Pour la dyslexie visuo-attentionnelle, il y aurait un trouble le nombre de lettres qui peuvent être traitées/vues simultanément dans une séquence de plusieurs lettres. Les exercices qui ont fait l’objet d’une validation scientifique, se déroulent en partenariat fort avec la famille car c’est un programme intensif (6 jours par semaine, 20 minutes par jour) avec des exercices de recherche visuelle et de discrimination (retrouver la même forme parmi des distracteurs…), des tâches de correspondance visuelle (similitude ou pas entre deux formes, lettres…), et enfin, des taches d’analyse visuelle (retrouver des mots parmi d’autres). Ces exercices sont administrés dans un ordre bien précis d’abord sur un matériel non-verbal (dessins, formes, symboles) puis ensuite verbal (lettres). Progressivement, le principe consiste à entraîner l’enfant à voir les groupements de lettres et non pas à se focaliser sur des stimulis (lettres) uniques.
– Y a-t-il actuellement des avancées dans la prise en charge de la dyslexie ?
R-M. L. – J’aimerais bien ! En fait, si, il y a des nouveautés. Notamment des dispositifs liés à la vision qui permettent de jouer sur l’effet de rémanence visuelle. Certains patients ressentent des améliorations, d’autres pas mais il faudra déterminer quelle est la part de des dispositifs dans les progrès qu’ils enregistrent et, surtout, il sera nécessaire de réaliser des études scientifiques pour voir si cela fonctionne vraiment.
J-3 avant notre nouveau webinaire ! Cours en live le samedi 14 février à 10h : les exercices lors des oraux d’admission.
Notre prochain webinaire aura lieu samedi 14 février à 10h. Ce cours en live sera consacré aux exercices lors des épreuves orales d’admission. Chaque école a ses exigences pour l’oral, autant éviter les surprises et vous donner l’occasion de vous entraîner au fur et à mesure du webinaire. Exercices et réponses à vos questions sont au programme. Nous évoquerons les principes d’une lecture à voix haute, claire et expressive, les attentes de l’analyse de textes, de phrases, d’images, la tenue de crayon. Nous vous inviterons aux jeux de lettres et de chiffres à travers des exercices de rétention, prononciation, dans l’ordre et le désordre, d’orthographe, de vocabulaire, de syntaxe. Prenons le temps de « jouer » ensemble 😉.
Vous êtes en train de finaliser votre dossier Parscoursup et nous espérons que tout se déroule comme vous l’espériez. Cependant, il est également temps de penser aux oraux car attendre les résultats d’admissibilité avant de vous y préparer serait une erreur. En effet, vous n’aurez que quelques jours entre la confirmation de la sélection de votre dossier et les oraux d’admission. Ces épreuves orales ne s’improvisent pas et demandent un travail minutieux pour être prêt le jour J.
Les centres de formation en orthophonie (CFUO) souhaitent recruter de futurs confrères. Vous devez faire preuve d’une bonne capacité de communication et d’une aisance verbale, essentielles à la pratique du métier. Ces compétences se travaillent et vous devez vous entraîner. Nous vous ferons passer 3 oraux blancs en visioconférence. Ces entretiens de simulation seront suivis d’un débriefing complet sur la communication, aussi bien verbale que non verbale, et d’un bilan constructif. Nous veillons à vous faire progresser sereinement, selon votre profil et vos besoins.
Vous serez suivi par des psychologues, des professionnels du recrutement et de la communication, spécialisés dans les entretiens de sélection d’entrée en CFUO. Vous travaillerez ainsi tous les aspects fondamentaux des oraux d’admission. Afin de progresser et de mettre en application les conseils qui vous sont donnés, vous bénéficierez de nombreux exercices interactifs, de supports écrits, de cours audio, de vidéos et d’interviews de professionnels. Notre préparation à l’oral inclut :
3 oraux blancs en visioconférence avec débriefing complet afin de travailler le contenu mais également la communication non verbale ainsi que les points à améliorer. Vous aurez également la possibilité de prendre des oraux blancs supplémentaires en option pour parfaire votre préparation.
3 concours blancs pour préparer votre entretien avec, notamment, les exercices qui vous seront demandés à l’oral. Ce sont de véritables mises en situation qui vous permettent de consolider vos acquis. Ils couvrent l’intégralité des notions qui seront à maîtriser lors des oraux. Vous serez notés et bénéficierez d’une correction individuelle et commentée.
Des cours théoriques sur les différentes notions qui seront à maîtriser lors des oraux. Vous aurez une grande unité pédagogique à travailler. Elle se compose de toutes les notions à traiter avec une sélection précise de polycopiés, de cours audio et de vidéos. Une préparation essentielle sur toute la partie « cours théoriques » concernant ces notions incontournables.
Des exercices d’application interactifs.
Des guides complets sur la méthodologie d’un entretien de sélection.
Des fiches techniques.
Des interviews et des témoignages, notamment d’orthophonistes.
La préparation accélérée aux oraux d’admission se déroule de mi-février à fin avril. Elle s’élève à 290€. Nos intervenants, spécialistes des entretiens d’admission aux concours d’orthophonie, prendront directement contact avec vous pour fixer vos oraux blancs.
Si vous êtes convaincu, profitez de cette opportunité et préparez-vous dès maintenant :
Avec l’ouverture de Parcoursup le 19 janvier dernier, la tension est montée d’un cran et le stress pointe le bout de son nez. Pas de panique, nous vous proposons d’aller encore plus loin… pour mieux vous accompagner !
En effet, nos étudiants sont très nombreux à nous solliciter ces dernières semaines. Et rien ne remplace l’avis d’un expert ou l’accompagnement sur mesure d’une équipe dédiée. Nous proposons donc des séances de TD en visioconférence par groupe de 15 : nos VisioTD.
Ces séances sont des moments privilégiés pour venir poser leurs questions sur leur dossier, sur Parcoursup et sur l’avancée de leur travail. Si une interrogation demeure, s’ils bloquent sur le projet de formation motivé, s’ils souhaitent échanger sur le fonctionnement de Parcoursup, la sélection 2026, les CFUO, les stages, ils peuvent nous rejoindre lors de nos visioTD. C’est un temps exclusivement dédié à eux, à leurs doutes et leurs remarques.