Ils étaient une centaine à manifester ce jeudi. Explications.

Si on voulait faire un jeu de mot facile, on dirait que les étudiants orthophonistes ont donné de la voix ce jeudi à Tours. En même temps, c’était bel et bien le cas. Rassemblés sur la Place Jean Jaurès, pancartes en main, ces jeunes qui ont cours à la fac de médecine ont voulu faire part de leurs inquiétudes quant à leur avenir. Ces étudiants en orthophonie sont « révoltés » par l’évolution de leur profession. Alors, hier, ils (elles, car il y a 99 % de femmes) ont crié leur malaise.

Actuellement, ils nous expliquent qu’en milieu hospitalier, ils ont des salaires de niveau Bac +2 alors que leur profession est de niveau bac +5 : « Nos études sont reconnues au grade de master et s’effectuent en cinq ans, mais nous ne sommes reconnus, et payés, qu’à bac + 2, le smic + 47 € », expliquent Marion Beaudou et Cloé Hamon, étudiantes en 3e année au CFUO de Tours, coprésidentes de l’Association Tourangelle des futurs orthophonistes. « On nous promet des primes quand on va en zones sous-dotées, mais c’est à l’appréciation des chefs d’établissements et de l’Agence Régionale de Santé. On favorise l’exercice mixte hôpital-libéral, mais dans ce cas, on ne peut pas être titulaire en milieu hospitalier », précisent-elles.

La conséquence de cette politique, dénoncée par les jeunes manifestants, rejoints par quelques professionnels, c’est qu’il y a un manque important d’orthophonistes à l’hôpital. En effet, il y a de moins en moins d’orthophonistes en milieu hospitalier et c’est pourtant là que les étudiants sont formés par ces professionnels, d’où les grosses inquiétudes pour le futur. Moins de formateurs signifierait moins d’étudiants. Les orthophonistes sont 23.000 en France : « Rééducation post-AVC, prise en charge de cancers, troubles alimentaires, cognitifs, autisme, alzheimer, on a tous besoin un jour ou l’autre d’un orthophoniste. De plus, les jeunes préfèrent s’installer en libéral » poursuit Marion. Une fausse solution d’après elle car « les listes d’attente sont très longues, entre 6 mois et deux ans, alors que certains patients, qui ont par exemple été victimes d’un infarctus, auraient besoin immédiatement de plusieurs séances par semaine ». Et puis les orthophonistes libéraux n’ont pas tout le matériel de l’hôpital : « Autre problème, à cause des bas salaires, le turn-over est important à l’hôpital. Du coup, les étudiants ne trouvent pas de stage car ils ne peuvent être encadrés que par des professionnels en poste depuis 3 ans. ».

Ils étaient une centaine à se mobiliser pour toutes ces raisons à Tours ce jeudi et annoncent d’ores et déjà une nouvelle manifestation dans une semaine, le 3 novembre, dans le cadre d’une action nationale, puis le 8  avec l’ensemble des professions de santé.

Source info-tours.fr et lanouvellerepublique.fr