La Haute Autorité de santé (HAS) vient de publier un « guide parcours de santé » afin d’améliorer la prise en charge des troubles spécifiques du langage et des apprentissages, ou troubles dys.

Troubles du langage (dysphasie), de l’écriture (dyslexie) ou encore de la motricité de l’enfant (dyspraxie) sont réunis sous l’appellation « troubles dys ». Afin d’améliorer leur prise en charge, la Haute Autorité de santé (HAS) vient de publier un « guide parcours de santé » impliquant les familles des enfants, les soignants et les enseignants. Il clarifie le rôle et le moment des interactions de chaque intervenant. Ce sont les Agences régionales de santé (ARS) qui veilleront à l’application de ce guide. Elles mettront à disposition des listes à jour des ressources par territoire et déploieront des systèmes d’information facilitant les échanges entre professionnels de santé.

Pouvoir s’adapter à chaque cas

« Les troubles dys sont un véritable enjeu de santé, car ils sont fréquents et ont des conséquences sur l’apprentissage scolaire de l’enfant ainsi que sur son insertion sociale et professionnelle », explique Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, en conférence de presse. En effet, ils concerneraient 8% des enfants d’âge scolaire et sont la conséquence d’anomalie dans leur développement cognitif. « C’est très déroutant car l’enfant comprend et apprend. Ce trouble, qui ne se voit pas, est en complet décalage avec le reste », précise Christine Auché, membre de la Fédération française des dys (FFdys).

Ce guide doit donner les clés aux enseignants pour apprendre à observer et constater les difficultés des enfants afin d’ouvrir un dialogue avec la famille. « Il y a des régions entières où il n’y a pas de solution pour ces enfants et où l’on accède à un bilan orthophoniste au bout d’un an et demi » souligne Christine Auché. C’est pour cela que la HAS a conçu ce guide structuré en trois niveaux afin de favoriser une offre de soins adaptée à la sévérité et à la complexité du trouble. « Chaque enfant est unique et ils ont chacun des niveaux d’atteintes différents », explique la présidente de la HAS.

Trois niveaux de prise en charge

Le niveau 1 est assuré par des professionnels de proximité : les médecins et les rééducateurs (orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien ou psychologue). Catherine Billard, neuropédiatre ayant participé au développement du guide, explique que le niveau 1 est enclenché lorsque « l’école n’a pas pu tout résoudre ». Le médecin de l’enfant va alors prescrire un bilan auprès d’un rééducateur spécialiste des troubles dys. Après un premier diagnostic, il mettra en œuvre, si besoin, une rééducation.

Le niveau 2 constitue une prise en charge pluridisciplinaire lorsque les difficultés persistent. « Une analyse plus précise devra être faite sur le plan cognitif, et il faudra définir un projet de soins plus adapté et plus intensif ainsi qu’un suivi plus strict », détaille le neuropédiatre.

Le dernier niveau concerne, lui, les cas très complexes. Il nécessite l’intervention et l’expertise d’un centre de référence des troubles du langage et des apprentissages rattachés à des centres hospitaliers universitaires.

Source www.topsante.com